Interview / Reportagela une

Dr. Mohamed Bekkat : « Cette pause épidémiologique doit profiter à une vaccination rapide de la population »

Entretien réalisé par Sara Boualem

La situation épidémiologique en Algérie s’est nettement stabilisée depuis plusieurs semaines. Quelles sont vos interprétations ?

Effectivement, la situation épidémiologique en Algérie est stable et connaît une diminution quotidienne des cas d’infection par le virus Covid-19. Le fait d’avoir arrêté les voyages (transports) aérien des passages  nous a permis de limiter et de stopper des contaminations venues de l’extérieur du pays. Toutes les mesures qui ont été prises au cours de ces derniers mois en fonction de l’épidémie c’est-à-dire, un confinement partiel, l’absolue nécessité de respecter les gestes barrières ont été bien respecté par la population et notamment dans les endroits publics. Le fait d’avoir rouvert progressivement les commerces non essentiels dans certaines wilayas où il y eu une hausse de contamination a été une bonne chose pour la vie sociale et économique de la population… En somme, on a constaté que toutes ces mesures appelées « mesures à tiroir » donnent aujourd’hui une partie de l’explication, c’est-à-dire une baisse considérable de nombre de cas positifs au coronavirus. Autres lectures possibles, c’est qu’à la fin de l’automne dernier l’Algérie avait enregistré une poussée importante de contamination à la Covid-19  induisant en quelque sorte à ce qu’on appelle une immunité naturelle. Cela reste à vérifier bien évidemment avec des études épidémiologiques  et sérologiques en bonne et du forme sur une partie de la population pour pouvoir vérifier cette théorie et ainsi, le degré de contamination ou alors de séropositivité de la population. Il y a ainsi une immunité de part la maladie active à traves des porteurs sains, déjà atteints par le virus et qui l’ignorent absolument.

Concernant les nouvelles souches ou variants (britannique et  Nigérian) de la Covid-19, combien de cas a-t-on recensés à ce jour et qu’en est -il de sa dangerosité ?

Dans la mesure où nous avons fermé les frontières depuis plusieurs mois, nous sommes plus ou moins préservés de ces nouvelles souches de coronavirus…Dans ce contexte, on insiste sur le respect des mesures barrières dans le cadre du protocole sanitaire (Distanciation physique, port du masque de protection, lavage fréquent des mains). Le respect de ces mesures reste toujours le meilleur garant pour stopper la propagation du virus et l’apparition de nouveaux cas.

Il y a eu tout de même un bon nombre de cas contaminés par ces nouveaux variants de la Covid-19…

Il ne faut pas exagérer étant donné que le nombre de cas atteints du Covid-19 en ce moment  n’est pas élevé. Nous sommes dans une situation où nous enregistrons une centaine de cas par jour, un nombre vraiment infime comparé au reste du monde. Alors oui c’est un danger, mais un danger importé et dans la mesure où on a fermé les frontières, il n’y a pas de risques majeurs. Maintenant, « cette pause épidémiologique » doit être mise à profit afin d’acquérir l’immunité vaccinale c’est-à-dire, vacciné la population au maximum.

Avec toute la polémique qui entoure le vaccin AstraZeneca pouvons-nous aujourd’hui  poursuivre la vaccination ?

En Algérie, on a déjà vacciné beaucoup de personnes avec le vaccin AstraZeneca. On a consommé les cent mille doses de ce vaccin. Et il n’y a pas eu d’effets secondaires. Il y a des risques d’embolie pulmonaire et selon les experts, ces risques sont minimes par rapport à un vaccin grippal où il y a toujours des effets secondaires. J’estime que cette peur du vaccin AstraZeneca est exagérée. Les vingt cinq millions de Britanniques vaccinés n’ont eu aucun effet secondaire notable suite à cette vaccination par l’AstraZeneca.  Cela reste un autre débat que nous suivrons car pour le moment, on n’a plus de vaccin.

Près de 16.000 personnes se sont inscrites sur la plateforme numérique mise en place par le ministère de la Santé en vue d’une vaccination rapide. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Pour le moment, on ne dispose pas d’assez de vaccin pour lancer une véritable campagne de vaccination.

On parle d’une possibilité de lever du couvre-feu  pour le mois sacré du Ramadhan. Qu’en est-il vraiment ?

Le Ramadhan arrive dans une dizaine de jours. Il appartient aux autorités  de prendre la responsabilité de lever une partie du confinement et de pouvoir faciliter la circulation des personnes, cela dépendra de la situation épidémiologique à ce moment-là.  Car encore une fois, tant que nous ne sommes pas entrés dans une campagne de vaccination active nous permettant d’avoir une immunité, les gestes barrières restent le plus recommandé. Le port du masque doit être obligatoire en toutes circonstances pour faciliter aussi le bon déroulement du mois de Ramadan. Une responsabilité des autorités qui ont les yeux rivés sur cette période.

La prière des Tarawih sera-t-elle maintenue ?

Il y a un protocole sanitaire établi par le ministère des Affaires religieuses et il faut le faire respecter. Le Ramadhan est un mois particulier, si les chiffres sont bons nous sommes bons. On vit beaucoup la nuit durant le Ramadhan, cela appartient à la responsabilité de chacun de respecter et d’appliquer  les mesures barrières car malheureusement la majorité de la population ne porte plus le masque. Certains pays ont des milliers de cas d’infection, mais ils sont revenus à une vie normale, sur la base d’un protocole sanitaire. L’heure est venue pour reprendre la vie d’avant à condition que les mesures préventives soient pleinement respectées.

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