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 Abdelkader Berriche : « Les véhicules neufs seront plus chers »

Le ministère de l’Industrie a indiqué dans un communiqué rendu public jeudi passé que « suite à la série de réunions tenues pour étudier les demandes des opérateurs économiques qui souhaitent exercer l’activité de concessionnaires de véhicules neufs, le Comité technique créé à cette fin a étudié jusqu’à présent dix dossiers présentés par les postulants, dont neuf pour l’importation des véhicules touristiques et un autre pour les motocycles.

Pour ce qui des dossiers ayant rempli les conditions fixées dans le cahier des charges  obtiendront leurs autorisations provisoires à partir d’aujourd’hui dimanche 17 janvier 2021, ce qui leur permettra d’ouvrir les procédures d’obtention des agréments définitifs et de commencer dans l’importation, conformément au décret exécutif 227-20, fixant les conditions et les modalités de l’exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs.

Le document ajoute que pour sa part, le comité technique chargé d’étudier et de suivre les dossiers concernant l’activité de l’industrie automobile, a statué sur un seul dossier concernant le montage de véhicules touristiques et utilitaires sur 18 dossiers déposés au niveau du ministère. Le processus d’étude des dossiers se poursuivra jusqu’à ce que tous les dossiers déposés soient étudiés.

Cette décision est venue après une longue attente mais laisse un peu perplexe notamment sur l’aspect «  provisoire » de l’agrément accordé, bien que cela réponde au cahier des charges mais à cause de la lenteur que cela entrainera et le nombre de postulants qui obtiendront les autorisations alors que 40 dossiers selon les déclarations du ministère de l’industrie qui en a fait l’annonce, avaient été déposés pour cette activité, créant ainsi une incompréhension et un flou autour de ces décisions en cette conjoncture difficile.

Contacté par Maghreb Info, l’économiste Abdelkader Berriche s’interroge sur la démarche du ministre de l’Industrie qui a opté pour un agrément provisoire. « Pour moi nous a-t-il confié, la question que l’on pose pourquoi avoir décidé d’octroyer des agréments provisoires sachant que le temps qui s’écoulera pour finir toutes les procédures va encore être lent inutilement ». En soulignant que « nous sommes dans une situation où il faut accélérer le processus et non pas mettre encore plus d’obstacles. Il faut attendre jusqu’à le mois de mai avec un peu de chance pour voir les premiers véhicules arriver. » En affirmant que « le ministère a perdu du temps dans des considérations bureaucratiques et administratives». Sur le nombre des postulants retenus, il soutient qu’ « une dizaine concessionnaires est un nombre insignifiant, cela risque de créer un monopole du marché, de vu la forte demande. Le marché d’occasion est en train de flamber et c’est un indicateur. Il fallait mettre plus de gens dans le circuit pour qu’il y ait une véritable concurrence, que ce soit au niveau de la qualité des véhicules, des services après-vente, au moins une quarantaine d’opérateurs». En assenant « les prix  des véhicules seront chers et ne seront pas à la portée des bourses moyennes, notamment avec la dévaluation du dinar qui a perdu 20% de sa valeur ».

« Le ministre a-t-il souligné avait déclaré que l’importation des véhicules neufs n’étaient pas une priorité mais ceci n’est pas une vision économique car le marché automobile est une véritable locomotive et c’est aussi un pourvoyeur d’emplois, qu’ils soient directs ou indirects ».

En poursuivant « nous avons besoin de 150 000 à 300 000 véhicules pour alimenter le marché et couvrir les besoins et remplacer le parc roulant vieillissant. Ce qui revient à dire qu’il faut ouvrir le marché pour la concurrence ». En ajoutant pour ce qui est du montage de véhicules avec intégration de 30% de départ, notre interlocuteur affirme que « l’on constate qu’il n ya pas de stratégie ni de vision claire car pour asseoir une industrie automobile, il faut au moins 3 à 5 ans ; entre l’installation des constructeurs, un tissu de sous-traitants afin de produire 200 000 unités et avec cela, il faut identifier le type de véhicule. On ne peut pas produire des véhicules qui tournent avec des carburants classiques mais aller vers l’hybride comme c’est le cas actuellement dans le monde mais pour cela, il ya lieu que les deux ministères à savoir celui de l’énergie et de l’industrie conjuguent leurs efforts dans ce sens».

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