Culture

La part de l’histoire dans l’écriture de Benhadouga

A travers un colloque consacré au romancier

Abdelhamid Benhadouga et son œuvre ont été revisités cette semaine. Deux jours, dimanche et lundi derniers, ont été consacrés à cet écrivain, à sa vision, son écriture et son rendu de la société et de l’histoire dans ses romans. Des romans écrits en arabe, traduits en français par son ami Marcel Bois, mis en exergue par des universitaires lors d’un colloque intitule ‘’Le roman algérien … De la création à la consécration “. Et cette rencontre consacrée à ce romancier prolifique et de qualité. Communications dont on garde trace puisqu’elles feront l’objet d’une publication. C’est ainsi que la thématique ‘’La narrativité de la question historique dans les romans d’Abdelhamid Benhedouga’’ a peu aidé à mettre en lumière, le  récit des événements historiques vécus par la société algérienne à différentes étapes, racontés par cet écrivain d’une modestie exemplaires. Fayçal Hacid, universitaire, enseignant de critique littéraire à l’université de Batna s’est penché dans son intervention sur “La voix sociale dans les romans de Benhedouga”.

Le chercheur met le doigt sur une  “écriture critique” de l’histoire rapportée par l’auteur de  ‘’Rih El Djanoub’’, (Le Vent du Sud), réalisée en  des étapes phares de la Guerre de libération nationale, des événements marquants de l’histoire de l’Algérie. Un écrit qui obéit à un ordonnancement chronologique et temporel en accord avec la linéarité narrative. D’ailleurs, dans  ce premier roman de sa trilogie, Benhadouga croyait au “principe de la pluralité” en ce sens où il veillait, dans ses œuvres, à ce que l’histoire serve le présent tout en laissant le champ du questionnement ouvert,  afin que d’autres participent avec lui au façonnement  du futur. “La narrativité de l’histoire, de la société et de la culture dans les œuvres de Benhedouga”, est traitée par  le chercheur universitaire Tewfik Chabou. Il révèle que Benhadouga s’est penché sur le volet historique  d’un point de vue littéraire ce qui n’est pas le cas par exemple de Malek Bennabi qui, lui,  l’histoire est perçue intellectuellement. En relisant le romancier, on s’aperçoit que cette histoire est animée dans ses livres par l’homme qui évolue dans un lieu spatiotemporel, toujours. Dans Rih el Djanoub, c’est le monde rural qui permet d’appréhender l’histoire en dichotomie avec le milieu urbain. Ce qui révèle un pan de la compréhension d’une certaine période de la colonisation à travers les hommes de la campagne et non pas ceux de la ville. Enclenchant la cadence de ces interventions sur une Algérie révolutionnaire tacitement contée par Benhadouga, il est cette communication du  romancier et académicien Elyamine Ben Toumi qui prône une autre lecture de ce même premier roman Le vent du sud. Il y emprunte le cheminement choisi par Benhadouga témoin de l’histoire et qui par la même convoque “la mémoire du lieu”. Et à chaque roman, l’écrivain développait sa fiction dans un ancrage spatial, qui renvoie à un autre développement de la société qui mue à travers les années, les époques à partir de la colonisation.

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