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Le pouvoir d’achat des Algériens à rude épreuve

Hausse des prix des denrées alimentaires

La mercuriale des  prix s’est emballée ces derniers jours et les citoyens déjà durement éprouvés par la crise sanitaire et ses répercussions néfastes sur l’économie nationale et sur leurs revenus, ne trouvent aucune explication rationnelle hormis les mêmes justifications cycliques à l’emporte-pièce qui reviennent encore en ce début de la nouvelle année, en dépit d’une production locale importante, notamment en produits agro-alimentaires.

En effet, au cours d’une virée dans les marchés et grandes surfaces, on a constaté aisément de visu que les étals sont achalandés de denrées alimentaires et rien n’indique, une quelconque pénurie des denrées essentielles et autres produits de saison qui justifierait la spéculation de quelque nature que ce soit et son lot de hausses des prix.

Les gouvernements successifs, l’actuel n’est pas en reste, n’ont pas résolu le problème de la régulation du marché en dépit de l’existence de solutions pragmatiques pour  juguler ce phénomène qui met à mal le pouvoir d’achat des citoyens notamment celui des  revenus modestes.

L’année 2020 a enregistré des augmentations inopinées, cependant alors qu’on espérait une stabilité au niveau des prix, cette nouvelle année, les prix se sont envolés de plus belle. Des augmentations qui frisent l’absurde en ces temps de disette financière et de rationalisation des dépenses. Pâtes, fruits, légumes, céréales, poissons, oléagineux, légumes secs, tout a augmenté participant de façon alarmante à l’érosion des budgets des ménages.

Les fluctuations et autres variations des prix des produits de large consommation ne sont pas un fait nouveau mais ne dépassaient pas un certain taux.  Leur impact risque de créer des mécontentements sur le front social. Ceci notamment en cette période délicate, où suite aux mesures de confinement pour cause de pandémie, des foyers ont vu leur revenus nettement baisser alors que d’autres les ont carrément perdus.

Fait notable,  les augmentations dépassent parfois les 30 DA ou 40 DA, voire plus. Dans les grandes surfaces et les petits commerces, le kilo de couscous, plat, très prisé par les familles algériennes, est vendu à 150 DA, au lieu de 110, soit une augmentation de 40 DA. Les pâtes alimentaires, spaghettis, coquillettes, torsades, consommés de façon régulière par les ménages, sont cédées à 70 DA, le paquet d’un kilo. Pour ce qui est des fruits et légumes, la bourse des plus démunis et même celle des couches moyennes, en prend un sacré coup en dépit de la disponibilité des produits.

Ainsi, le prix de la pomme de terre, se situe entre 55 et 65 DA, les petits pois à 200 DA, les tomates à 50Da, les artichauts sont à 120 DA le kilo. Idem pour les concombres, le fenouil, les aubergines, les navets, la betterave. Quant aux fruits, le prix de certains est rédhibitoire, comme celui de la pomme locale qui a atteint 220 DA alors que les agrumes sont cédés à 180 DA pour les oranges, 220 pour les mandarines et 160 DA pour le citron qui risque « de prendre la tangente » à l’approche du mois sacré.

Contacté par Maghreb info, à propos de ces hausses en ce début d’année, le président de l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce), ne s’explique pas ces augmentations qui selon lui sont « injustifiées et exagérées ». Il nous a indiqué que l’excuse avancée sur cette question a trait à « l’augmentation des prix des matières premières sur les marchés internationaux, la dévaluation du dinar et la loi de finances 2021 qui impose des taxes mais les hausses des matières premières sur la place mondiale sont insignifiantes, alors que ces hausses sur le marché nationale  oscillent entre 5% jusqu’à 40% pour certains produits. Il ya un déséquilibre dans ce sens. S’agissant de la dévaluation du dinar, elle ne date pas de cette année. Cela fait des mois que la valeur de la monnaie nationale connait une chute qui n’a pas impacté substantiellement les prix ». « Il ya un effet boule de neige, nous dira-t-il, qui a touché les opérateurs, on a augmenté un produit et les autres sont suivi ». Les augmentations sont les effets pervers du « consommons algérien ». Ainsi, M. Zebdi soutient qu’ « il n ya pas de concurrence, cela crée des monopoles ». Notre interlocuteur ajoute, en citant le fruit de la pomme algérienne en comparaison avec la banane importée, « on a privilégié le produit local, qui est vendu parfois plus cher que celui importé de l’étranger ».

Que faut-il faire dans ce cas là car le premier lésé dans cette histoire demeure le simple citoyen ?, «le marché est libre », nous dira-t-il. « Il y a des prix fixés par l’Etat sur certains produits de première nécessité qui ne changent pas et qui restent stables. Cela ne concerne pas tous les produits. Nous avons fait un certain nombre de propositions mais qui sont restées sans suite ». M. Zebdi affirme que « la meilleure façon de juguler ces fluctuations est de plafonner la marge des bénéfices », une solution que son association ne cesse de réitérer depuis 2015 !

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