Culture

Clubs et héros de la Révolution sur les murs  d’Alger

Fresques murales et graffiti hommage

Fresques murales et graffiti colorent les murs de plusieurs quartiers d’Alger. Œuvres singulières  de jeunes artistes-peintres dont des membres de groupes d'”Ultras”, qui remettent au goût du jour les héros de la révolution, pour mémoire ; qui honorent les emblématiques clubs algérois de foot.

Traits professionnels qui en rajoutent une touche. La capitale s’égaie et s’anime. L’art de rue qui exprime, dénonce, participe et apprécie ce que l’homme de la rue pense tout bas. Messages hétéroclites qui s’inspirent de la vie sociétale, culturelle et même politique. De belles expressions qui aident à se détendre, qui font retrouver le sourire, qui font applaudir des signes du temps hautement portés à la mesure du quotidien. Celui qui dans son béton armé, sa morosité et son urbanisme anarchique, n’aide pas à vivre. Ces jeunes artistes qui ont à en revendre, manipulent pinceaux et peinture pour enjoliver des quartiers tombés dans une tristesse contagieuse. Un savoir faire visible de plus en plus et surtout à la faveur de cette pandémie qui accentue le désœuvrement, en freinant les activités habituelles. Ainsi Bab El Oued est le reflet de cette ingéniosité picturale. C’est dans ce quartier mythique que son nés ces dessins muraux qui racontent les clubs fans partagés entre le Mouloudia et l’USM Alger. Le rouge et noir rivalise avec le vert et rouge, un peu partout dans les quartiers et à chaque dessin sa particularité. Une sorte de concurrence ouverte à la création libre et inspirée.

A Bouzaréah, ces initiatives ont fait des émules. Le trait régulier, la couleur choisie, la symbolique étudiée et voilà le mur  vêtu d’émotion béate. Des fresques qui font arrêter les personnes de passage. Une contemplation qui fait échanger les avis et enclencher des discussions. Un ravissement pour les yeux et l’esprit. A Bab El oued il est une fresque  inédite réalisée par Ouled El Bahdja  à la mémoire de la figure de proue des Rouges et Noirs, des années 1970 Djamel Keddou, qui nous a quitté récemment. Sur ce portrait, une légende  qui résume ce symbole : “Keddou le Sheriff” Tout  un charisme du libéro de charme, vainqueur avec l’Algérie de la médaille d’or des jeux Méditerranéens Alger-1975 aux dépens de la France (3-2). D’autres réalisations des fans club qui n’oublient pas de sortir de la balle ronde pour entrer de plain pied à l’environnement qui a prévalu en ces temps de gloire du foot national. Anciens dirigeants, joueurs, personnalités connues, des maîtres de la musique populaire algéroise le chaabi qui colle à la peau de l’algérois, se donnent une réplique picturale pour conter l’Alger d’avant. Celui nostalgique d’aujourd’hui. Indéniablement le Cardinal orne les murs. El hadj M’hamed El Anka (1907- 1978)  retrouve sa place à la Casbah, contigu au siège où a été fondé le club. Il est aussi le portrait d’El Hadj El Hachemi Guerouabi (1938-2006) fervent supporter de l’USMA.

Une ferveur qui a marqué le maître pour son  club fétiche de Soustara. Et il l’aura exprimé  depuis les gradins du stade Bologhine que sur  scène. Chez les mouloudéens, des  graffiti mettent en valeur le sigle du MCA sur fond de couleurs vert et rouge, orné d’un croissant lunaire et le chiffre 1921, celui de l’année de création du club. Il est aussi ches ces fans, la même portée artistique qui met en avant là aussi El Anka qui colle à la vie d’Alger comme jamais. Un clin d’œil à une rivalité entre deux frères qui partagent le même amour pour cet artiste hors pair. D’ailleurs son portrait, oeuvre  des “tifo”, n’est d’ailleurs trône en maitre  des lieux  dans les tribunes du stade 5-Juillet lors des derbies MCA-USMA. Le défunt artiste Hadj Mrizek (1912-1955) est  cet autre  chanteur adulé par les fans du MCA, pour avoir  chanté le Mouloudia, et avoir été  dirigeant du club durant la période coloniale. Et bien sûr Amar Ezzahi ( 1941-2016), l’enfant terrible du chaabi n’est pas oublié. Les deux clubs se revendiquent de lui, de ses œuvres et de son aura. Sur un autre registre, celui de l’histoire, le MCA ressuscite des héros de la révolution.  Ils sont représentés par leurs groupes “Ultras”, notamment “Green Corsairs” et “Twelfth player”, qui ont remis dans l’actualité du pays, le Chahid et héros de la Casbah, Ali La Pointe (1930-1957), et au travers la bataille d’Alger.  Et dans ce festival de couleurs, le graffiti a gagné d’autres grands quartiers de la capitale, après Bouzaréah Belouizdad, Kouba, El-Biar, Husseïn-Dey et El-Harrach ont donné le ton à leurs émotions et inspirations de l’heure

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