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Le secteur de l’événementiel au bord de l’asphyxie

A l’arrêt pour cause de pandémie

Le secteur de l’événementiel, mis à mal depuis 2019 par l’instabilité qu’a connue le pays, a subi l’estocade cette année, crise sanitaire oblige. Pratiquement tous les salons et événements d’envergure ont été annulés pour être reportés sine-die. Ainsi, la Société Algérienne des Foires & Exportations Safex, qui organise des manifestations économiques et expositions à caractère national et international, local et régional en Algérie, en plus d’être l’organisateur officiel de la participation de l’Algérie aux foires et salons à l’étranger, a dû annuler tous les salons et grandes manifestations nationales et internationales pour cette année en cours. Ces dernières ont été différées à l’année prochaine mais sans certitude car personne ne sait quand est-ce que finira cette crise. Ainsi, les grands événements tels que la Foire  de la production nationale, un rendez-vous, très attendu par les opérateurs nationaux dont la 29e   édition devait se dérouler du 17 au 26 décembre en cours a été carrément annulée et reportée à 2021 sans donner de date précise.

Idem pour le salon international du transport et de la logistique qui a été aussi reporté au 23 novembre 2021, la 1re   Foire nationale de l’agriculture et de l’agroalimentaire prévue du 23 au 27 septembre  a été également ajournée. Autant dire des milliards de dinars de pertes sans oublier des milliers de personnes en chômage technique. Car ces salons font travailler beaucoup d’employés d’autres secteurs, comme les agences de voyages, l’hôtellerie, la restauration, le transport de particuliers et de marchandises donc autant d’emplois indirects.

Les entreprises qui activent dans ce secteur ont pour beaucoup mis la clé sous le paillasson alors que d’autres sont en stand by. C’est le cas de Mohamed Boudjimar, DG de la sarl Exposign,  spécialisée dans la conception réalisation de stands, fabrication de meubles sur mesure, aménagement d’espaces et événements spéciaux. Il pousse un véritable cri d’alarme. Il nous dira que « le secteur de l’événementiel est à l’arrêt depuis le mois de mars, ça va faire 10 mois d’arrêt d’activité. Nous sommes les oubliés de cette crise sanitaire. Je m’adresse aux autorités de mon pays, dites nous, que faisons nous de nos employés ? De nos investissements ? De nos infrastructures ?

Personne ne s’est penché sur notre activité, alors qu’elle est génératrice et pourvoyeuse de nombreux emplois directs et indirects ». Devant l’incertitude et le flou conséquents à cette situation de sinistre, il s’interroge «  Comment allons-nous faire pour payer les charges fiscales et parafiscales, alors qu’il n’y a pas de chiffres d’affaires ? » en ajoutant : « On n’a aucune idée sur la date d’ouverture des salons et foires. Quelle est l’entreprise qui va résister ? Nous sommes sinistrés ». Il nous apprendra également qu’avec des opérateurs activant dans ce secteur, ils comptent s’organiser en association. « On s’est déjà réuni pour constituer une association, on est au minimum 70 entreprises œuvrant dans l’événementiel, au moment ou on devait organiser l’assemblée générale, on a reçu un niet des pouvoirs publics,  par rapport aux mesures barrières contre la Covid-19 ».  « Nous le ferons, conclut-il, dès que la situation s’améliore et que le confinement soit levé ».

Même son de cloche du côté de Ali Bouda, propriétaire d’une agence de communication à Tipasa. Ce chef d’entreprise pense carrément à se reconvertir dans une autre activité. « Nous sommes asphyxiés, nous dira-t-il », il fait partie de ceux qui ont fermé boutique, en 2019 car il n’avait plus de marché ». « Je ne pouvais plus payer les charges, ni la location et encore moins le personnel ». Pourvoyeur d’emplois direct et indirects, ce secteur mérite que les pouvoirs publics se penchent sur son cas.

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