Culture

Réda Lallal, le chaabi dans le sang

Il a de la passion pour le chaabi. Il a toujours cet élan naturel pour la musique populaire, qu’il a adoptée très jeune. Un penchant hérité de facto de son père auquel aujourd’hui il doit beaucoup. Ce fringuant jeune homme de toujours,  Réda Lallal  chérit ce patrimoine auquel il voue un amour inconditionnel. Qu’il entretient avec jalousie sans jamais en attendre quelque chose en retour. Authentique relation que la sienne avec cet art, sans aucun esprit mercantiliste.

Et cette relation n’a pas changé depuis qu’il est allé à la rencontre du chaabi, le vrai, pas celui surfait, altéré, ou même mimé. Lallal est plutôt pour son ouverture, son développement, en lui apportant un nouveau souffle. Comme  le dit cet artiste qui en veut, El Anka, l’a dit, Kamel Messaoudi aussi. Et c’est  grâce à ces ouvertures que la chaabi a évolué, survécu.  Et lui qui a affronté son premier public déjà à 17 ans. A 54 ans aujourd’hui, il est à peine connu sur le marché des produits audio mais n’en est pas moins sollicité pour les cérémonies de fêtes traditionnelles. C’est qu’il a son propre public qui en aime sa voix,  au timbre particulier, reconnaissable qui est écouté,  réclamé par les connaisseurs. Cette voix à laquelle lui aussi tient, parce que pour lui, tout est dans les vocalises.  Surtout le chaabi qui s’appuie sur  les cordes vocales qui doivent être aussi entretenues. Il et aussi bon que l’interprète sache manier la langue, et lui donner son aura dans sa diction, son articulation. Lallal y adjoint le comportement de l’artiste qui fait partie de sa personnalité car il est important d’en faire preuve en respect à son public.

Réda est autodidacte, il n’a fait ni école, ni conservatoire et pas de formation de suivi non plus. C’est à sa seule volonté de réussir qu’il doit ce cheminement sérieux et chevronné pour un art populaire qui a toujours de beaux jours devant lui.  Et quand on aime, on ne compte pas, en investissement, en temps, en donation de soi, en sacrifices et Réda en a  consentis. Il apprend vite ce jeune épris de chaabi.  Il aime cette musique qu’il chante au même titre qu’il l’a toujours écoutée, religieusement. Comme dans l’exécution. Comme un vrai métier exercé  par vocation, lui qui en déjà un en parallèle qui le fait vivre lui et les siens en tant que fonctionnaire. L’art déjà ne nourrissant pas son homme !  Et autour de  Réda Lallal, on le dit être  à la hauteur. Lui qui a d’abord répondu à sa passion en faisant avec les conseils de son paternel  et de par ses expériences passées avec les chyoukh et surtout d’avoir su dévier de cette vague des imitateurs. L’artiste   reprend  certes les classiques du chaabi. Mais avec un rendu autre, lui qui sait en   extirper le suc et remettre au goût du jour, des q’cids peu ou preux connus. Il reconnaît ne pas être un hafadh, qu’il s’inspire du diwan : «Je veux aussi éviter de reprendre par cœur pour ne pas tomber dans cette facilité de chanter à la lassitude. Car généralement, ceux qui ont tendance à le faire, finissent toujours par interpréter les mêmes morceaux à chaque occasion qui leur est donnée de se produire. Moi, je préfère fouiner dans cette richesse des notes, des textes et des auteurs pour sortir des sentiers battus et du déjà écouté». Réda est un bon élève, curieux, persévérant, appliqué et attentif. Il est tout cela à la fois à la scène qu’aux fêtes  traditionnelles qu’il aime bien animer mais pas n’importe comment là non plus.  Et avec son  sérieux légendaire, il tient à souligner : «Je ne chante pas en salle des fêtes, je préfère les intérieurs de maison, les terrasses. Le chaabi ne se chante pas en salle. »  Un grand clin d’œil à ces belles veillées d’antan,   nostalgiques de l’orchestre communément appelé «El ali» qui animait dans le temps les terrasses et les maisons algéroises. «Un vrai plaisir qu’on gagnerait à ressusciter même si cela revient timidement, je le reconnais», ponctue Réda. Et lorsqu’il chante, Réda le fait religieusement comme il sait se faire écouter tout aussi religieusement. Il force le respect de l’écoute et de l’appréciation. Comme si de rien n’était, il s’impose ave cette maturité qui gagne les maîtres. Qui force le respect et l’admiration.

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