Culture

Mehdi Zitouni, la voix chaabi d’un cheikh

Graine de stars

Le confinement aura eu, au moins, le mérite d’aider à l’éclosion de jeunes talents, immaculés de volonté et de détermination. Ceux qui aident en ce moment les médias à meubler leur temps impartis à la culture dans tous ses états. Invités sur les pages de la presse écrite mais surtout sur les ondes de la radio nationale, ils et elles sont à la page. Un accompagnement agréable et instructif.

Des tranches horaires que la culture avec les soubresauts qu’elle subit avec la crise sanitaire essaie de réinventer pour rester mobilisés au service des activités au poids mort, des actions individuelles que les réseaux sociaux aident à faire émerger. La seule source d’informations d’ailleurs  pour les médias en mal de matière fraîche et instantanée. De jeunes gens s’emploient à faire fructifier en audience leur savoir faire : chanter, danser, conter, jouer d’un instrument, mettre en scène… des pages personnelles qui invitent à l’écoute et au regard qui d’un simple clic entre dans votre univers et vous tient compagnie en ces temps d’isolement forcé ; d’ennui et de tourner en rond.

Mehdi Zitouni est une graine de star. Véritable. Une voix, une présence, une prestance et une persévérance. Lui a choisi dans le chaabi. Une voix qui sied à cette musique populaire à laquelle il se prête sans forcer. Un timbre qui enjolive particulièrement cette musique  que ce jeune artiste a voulu mettre en exergue à travers des reprises mais aussi des textes qui lui sont propre. Son intervention en fin de semaine écoulée sur les ondes de la chaîne III, dans l’émission A l’improviste a fait découvrir un jeune bourré de talent. Son idole El Hachemi Guerouabi dont il connaît tout le répertoire.

Naturellement, ses vocalises rappellent le cheikh auquel il voue admiration et respect. Lui aussi fait dans le qcid. Il souligne qu’il n’est nullement difficile d’apprendre ces longs textes du chaabi, puisque lui-même se prête à cet apprentissage. Ce qui représente le sérieux de son entreprise pour réaliser cette relève que l’on dit frileuse. Mehdi Zitouni, avocat de son état,  ne l’entend pas de cette oreille puisqu’il entreprend d’écumer ces mélodies dans tournées quand cela était possible avant la pandémie de Covid 19, et bien entendu les cérémonies de mariage et autres fêtes familiales. Dans la voix de Mehdi, El Bahdja a une belle intonation. Sans forcer, sa voix exhale de nouveaux effluves qui ne font que rehausser cette musique algéroise dans laquelle le mélomane est littéralement transporté comme par magie. Avec aussi ses propres compositions, Mehdi Zitouni chante aussi vrai qu’il s’adonne à sa passion. Innée presque. Son don sera d’ailleurs récompensé à la 2e édition du grand prix El Hachemi Guerouabi, institué en 2014 en hommage au maître. Ce concours s’inscrit dans  le cadre des démarches visant à préserver le patrimoine musical du chantre de la musique chaabie et à encourager les jeunes talents. Il  est organisé par l’association créée en 2012 en collaboration avec le ministère de la Culture.

Zitouni  décroche à la seconde édition qui s’est déroulée en 2015, le 3e prix en interprétant comme les autres candidats ‘’Ma li Sadr hnine’’ et ‘’El Harraz’’   Ce concours est un encouragement qui a eu l’effet escompté puisque le jeune artiste continue son bonhomme de chemin dans la fructification de ce patrimoine musical national. A d’autres succès !

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