Autreédito

La faucheuse des routes, l’autre virus

La faucheuse décidément ne prend pas de répit. Alors que le monde entier ploie sous les coups toujours mortels de la Covid-19, la route continue, elle, d’emporter des vies, d’en handicaper d’autres, d’en blesser encore d’autres. Un bilan des accidents de la route faisait état pour les 48 heures dernières, de 14 décès et des dizaines de blessés.

Des chiffres qui repartent eux aussi à la hausse, alors que pendant le premier confinement après l’apparition du virus en Algérie, ils étaient bien à la baisse, presque occultés par le nombre effarant des contaminations au coronavirus. On se disait alors un moindre mal devant ce que cette épidémie fait de ravages. Mais c’était compter sans ces fous du volant qui dès le déconfinement partiel, ils se sont acharnés à rattraper le temps perdu en appuyant sur le champignon comme jamais. Comme une course folle vers la mort, voire une concurrence que ces imprudents mènent rudement contre ce mal  inédit du siècle.

La Protection civile sur tous les fronts est la première à intervenir pour acheminer morts et blessés, comme elle le fait journellement avec les cas désespérés des malades de la Covid-19. Sur les routes et depuis la levée des restrictions de la circulation automobile inter-wilaya, les accidents se font de nouveau nombreux, à ne plus ravir à l’Algérie sa place privilégiée, la 4e au monde, au palmarès des pays à forte mortalité routière. Ce fléau a encore de beaux jours devant lui ! A mesure que l’inconscience et l’imperméabilité aux différentes campagnes de sensibilisation se multiplient sans jamais être entendue. Comme si l’Algérien se fait récalcitrant à tout ce qui est bienfaiteur pour sa santé. A voir ce qui se passe en imprudence, en irrespect des mesures barrières devant la flambée des cas de Covid, il faut croire qu’on est loin d’écouter, de communiquer et d’obtempérer quand il est question de vie et de mort !   Un mois de novembre qui enregistre déjà à la moitié du mois son lot important de victimes, comme pour conjurer le sort et venir compléter la liste macabre de la Covid-19. Surtout en cette recrudescence vertigineuse des cas.

Des dommages corporels routiers qui poursuivent leur courbe ascendante que l’on avait espéré pourtant ces derniers temps ne jamais reprendre de plus belle. Des dégâts humains et matériels qui endeuillent des familles entières sans jamais pouvoir en ces sales temps du virus soutenir ou même être présent avec elles par mesure de prévention à la contamination. Double sanction infligée aux agents de la Protection civile, au corps médical, après les proches qui voient les leurs fauchés sur les routes, pour la plupart des jeunes au volant de leur voiture neuve ou juchés sur leur bécane sans aucune protection. Si la mort choisit de happer des vies, on peut aussi choisir de ne pas s’y précipiter bêtement. Quand on échappe au virus pourquoi aller se coucher sur le bitume ?  A méditer !

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