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La “violence expressive” via les réseaux sociaux est “inadmissible”

Ammar Belhimer

Le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, le professeur Ammar Belhimer, a affirmé ce samedi que la “violence expressive” véhiculée par les réseaux sociaux est “inadmissible” et “menace” le tissu social national, assurant que son département ministériel saisira la justice “chaque fois que de besoin”.

Dans un entretient accordé à l’APS, Ammar Belhimer , a affirmé que “le poids des nouvelles technologies de communication ne fait point de doute. Il reste à connaître la qualité du message qui est, malheureusement, à bien des égards peu enviable.

« La  violence expressive qui se déverse sur nos réseaux sociaux est inadmissible et menace le tissu social de banalisation de l’incivisme, de brutalisation et d’ensauvagement, imposant ce que d’aucuns ont appelé une démocratisation de la méchanceté et d’autres passions tristes”, a-t-il ajouté.

Abordant  l’impact du foisonnement des fake news sur les réseaux sociaux et dans la presse électronique, il s’est référé aux résultats d’un sondage réalisé par Immar en avril 2019, selon lesquels 18 millions d’Algériens sont quotidiennement exposés aux chaînes de télévisions, 17 millions à Internet, 15,5 millions aux médias sociaux, 3 millions aux radios et, enfin, 2,6 millions sont des lecteurs.

Tout en s’opposant à la “banalisation et à la légitimation de la violence, sous quelque forme que ce soit, dans le débat public, où qu’il se déroule et quel que soit son enjeu”, M. Belhimer a indiqué que cette violence donnait libre cours aux “trolls”, rappelant qu’il s’agit d’une expression désignant “les internautes plus ou moins malveillants dont l’objectif est de +pourrir+ des fils de discussion en générant artificiellement des polémiques”.

Interpellé sur le rôle du département qu’il dirige, quant au respect du droit, son premier responsable rétorque en ces termes,” le ministère de la communication ne peut pas se taire devant les publications électroniques nauséabondes attentant à l’honneur et à la dignité des responsables de l’Etat et saisira la justice chaque fois que de besoin pour que les sanctions les plus sévères soient prononcées contre leurs auteurs”.

Face aux dérives d’une “presse de caniveau”, explicite-t-il encore, la loi l’article premier du décret exécutif n  11-216 du 12 juin 2011 fixant ses attributions officielles ordonne ceci “dans le cadre de la politique générale du Gouvernement et de son plan d’action, approuvés conformément aux dispositions de la Constitution, le ministre de la Communication exerce ses attributions sur l’ensemble des activités liées à la promotion, la consolidation de la démocratie et de la liberté d’expression ainsi qu’au développement de la communication”.

“En l’espèce, il s’agit des atteintes à la liberté d’expression bien comprise, dans le strict et absolu respect de la vie privée, du droit à l’image, du secret de la correspondance de l’honneur et de la dignité des citoyens. En tant que Porte-parole du gouvernement, je suis tenu à la solidarité gouvernementale, ce qui m’autorise à recourir aux articles 144 et 146”, argumente-t-il, considérant, par ailleurs, que “le recours récurrent à la norme juridique émane de notre conviction que le mépris de la caution juridique et la violation de la règle de droit, ou encore la non-exécution des décisions de justice, y compris – peut être bien plus – par notre corporation car elle est tenue de donner l’exemple – sont antinomiques avec l’Etat de droit que nous aspirons à construire”.

M.Belhimer souligne, à ce propos, que “les premiers chantiers du secteur portent sur le rapatriement des activités de communication sous l’empire du droit, qu’il s’agisse des sites électroniques, des agences de communication, de la publicité ou encore des chaînes de télévision dites +thématiques+, en dehors de l’action visant un exercice apaisé du métier de journaliste qui conjugue liberté et responsabilité”.

“Le réflexe, fortement ancré, du mépris de la règle de droit et son corollaire, la sous-estimation, de la caution juridique ont tendance à pousser des minorités actives à prendre des raccourcis autoritaires qui peuvent créer des situations de rupture dommageables et despotiques”, déplore le ministre, en guise de conclusion.

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