Société-santé

Le froid : Bon ou mauvais pour l’organisme ?

Le froid n’est pas toujours un ennemi : les basses températures ont aussi un effet positif sur notre organisme. A commencer par notre tour de taille et notre sommeil.

La météo prévoit le retour d’une vague de froid. Tant mieux : c’est bon pour le sommeil, pour notre tour de taille et les douleurs. Mais le froid peut aussi se révéler l’ennemi des coeurs fragiles et de notre immunité. Explications…

  • Le froid, c’est bon pour le sommeil

La température du corps doit baisser pour assurer un sommeil réparateur.”Elle n’est pas en plateau à 37 °C tout le temps, il y a un minimum qui se situe entre 4 et 6 heures du matin”, précise le Dr Sylvie Royant-Parola, auteure de « Comment retrouver le sommeil par soi-même » (éd. Odile Jacob). Celle de la chambre a donc de l’importance : ne pas oublier de fermer son radiateur longtemps avant d’aller se coucher, et rien que du soft du point de vue de l’exercice physique. Nous sommes des mammifères homéothermes, c’est-à-dire que, quelle que soit la température extérieure, celle de notre corps se maintient à 37 °C (ou plus précisément 36,6° C)

  • Pourquoi ? Lors du sommeil paradoxal, qui survient à la fin de chaque cycle, il n’y a plus de régulation de la température. Celle de notre corps s’équilibre donc sur celle de la pièce. Or notre cerveau n’aime pas voir sa température s’élever. C’est pourquoi, s’il fait très chaud, non seulement on a du mal à s’endormir (car le sommeil se produit quand la température du corps diminue), mais on se réveille en outre à chaque cycle. Dormir au frais l’hiver est important, car la baisse de luminosité augmente le risque de dépression saisonnière.
  • Le froid c’est moins bon pour l’immunité

Ce n’est pas une idée reçue de penser que le froid diminue la réponse immunitaire. Car le sang se concentre sur les organes vitaux, ce qui empêche les cellules chargées de l’immunité, comme les globules blancs et les polynucléaires, de bien circuler dans l’ensemble de notre corps. Résultat : on devient nettement plus sensible aux petits bobos.

  • Le conseil :

Autrefois, on se frictionnait très fort, en rentrant chez soi, en pensant que serait un bon moyen de faire barrage aux rhumes. Eh bien on n’avait pas tort, ce n’était pas un geste inutile, il avait un fondement scientifique car, en réactivant la circulation, on réactivait les défenses.

  • Le froid, c’est bon pour le tour de taille

Avec le froid, entrent en scène les graisses brunes ou, pour le dire plus élégamment, le tissu adipeux brun, qui brûle plus vite les calories que la graisse blanche. Il est très présent chez les mammifères qui hibernent, pour les aider à garder une bonne température corporelle : c’est ce qu’on appelle la thermogenèse. Les nourrissons en possèdent eux aussi, ce qui leur permet de maintenir leur température à 37 °C. Or, il se trouve qu’un certain pourcentage de ces graisses brunes est encore présent chez les adultes, chez les femmes surtout.”C’est intéressant en hiver, car les deux graisses ne fondent pas de la même manière. Pour la blanche, c’est le sport, et pour l’autre, c’est le froid”.

  • Pourquoi ? Parce que cette graisse brune, riche en mitochondries (produisant de l’énergie et de la chaleur), possède la capacité de les fournir au corps en dehors de tout effort musculaire, seulement sous l’effet du froid, poursuit notre spécialiste. Si on résume, le froid fait fondre !

Le froid, c’est bon pour les douleurs

L’application de froid est conseillée pour les coups ou les entorses (alors qu’il faut du chaud pour les crampes). On peut utiliser des poches, appelées “cold packs”, à mettre au congélateur. Mais les sportifs réguliers ont un truc bien à eux, les petits pois surgelés, car le sac souple est idéal à placer autour d’une cheville. Et si on a tout essayé pour se débarrasser de sa tendinite, on peut tester un centre de cryothérapie où l’on va être plongé trois minutes maximum dans un cylindre afin d’affronter des températures de – 100 °C.

  • Pourquoi ? Le froid endort la douleur, en ralentissant la conduction des messages nerveux et en diminuant la sensibilité des nocicepteurs, les récepteurs de la douleur, explique Vincent Lemoine, kinésithérapeute et ostéopathe. Il a aussi un effet anti-inflammatoire puisque la modification du flux sanguin accélère l’élimination des toxines de l’organisme.
  • Le froid, c’est moins bon pour les cœurs fragiles

À l’arrivée de l’hiver, notre cœur se prépare à nous défendre contre le froid, mais le combat ne sera pas à armes égales pour les personnes hypertendues ou ayant un antécédent d’infarctus. Car l’organisme doit mobiliser davantage d’énergie pour maintenir la température du corps, c’est-à-dire que le cœur va battre plus rapidement, sa consommation d’oxygène va augmenter, les vaisseaux vont se contracter, ce qui favorisera la coagulation du sang.  En hiver, la moindre activité physique demande un effort important au cœur, si bien que marcher dans le froid équivaut à courir un 100 mètres. Et les fumeurs sont plus à risque, car le tabac intensifie le rétrécissement des artères coronaires. Enfin, le froid est source de déshydratation, ce qui réduit la fluidité du sang et demande aussi plus d’effort au cœur.

  • Le conseil :

se couvrir les extrémités et la tête, pour éviter les phénomènes vasoconstricteurs, s’échauffer avant de s’exposer.

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