International

Intenses combats au Nagorny Karabakh, la Croix-Rouge s’alarme

Guerre arméno-azerbaïdjane

D’intenses combats opposaient mardi forces séparatistes arméniennes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise, ignorant toujours une trêve humanitaire, au grand dam de la Croix Rouge qui estime à des “centaines de milliers” de personnes la population affectée par le conflit.

Les belligérants, comme depuis le début des affrontements le 27 septembre, se rejetaient la responsabilité des hostilités qui ont fait plus de 600 morts, dont 73 civils, selon des bilans partiels, l’Azerbaïdjan ne communiquant pas les décès parmi ses troupes.

Pour le quatrième jour consécutif, et malgré les appels appuyés de Moscou comme des Occidentaux, le cessez-le-feu négocié en Russie et censé être en vigueur depuis samedi est resté lettre morte.

“Aujourd’hui, après deux semaines de combats intenses, et s’intensifiant malheureusement (…) nous voyons que des centaines de milliers de personnes sont déjà affectées dans la région”, a relevé dans un communiqué le directeur Eurasie du Comité International de la Croix-Rouge, Martin Schuepp.

Selon lui, des “discussions continues” sont toujours en cours pour des échanges de corps et de prisonniers entre belligérants, un objectif de la trêve négociée à Moscou.

Du côté du front, les séparatistes du Nagorny Karabakh ont accusé l’armée adverse d’avoir lancé une triple offensive au sud, au nord et au nord-est de la république autoproclamée.

  • Impasse diplomatique et militaire

Bakou de son côté affirmait “respecter le cessez-le-feu”, mais que l’adversaire arménien tirait sur les districts azerbaïdjanais de Goranboy, Terter et Agdam.

L’Azerbaïdjan semble avoir conquis quelques territoires en un peu plus de deux semaines de combats, sans avoir gagné un avantage significatif sur les séparatistes qui tiennent les montagnes.

“L’Azerbaïdjan a enregistré certains succès militaires, mais rien de spectaculaire. Bakou est loin d’être prêt à prendre le contrôle du Karabakh”, relève Guela Vassadze, expert au Centre géorgien d’analyse stratégique, évoquant une “impasse diplomatique et militaire”.

Dans le district de Terter (front nord), une équipe de l’AFP a vu au loin les forces azerbaïdjanaises pilonner les montagnes où se trouvent les positions arméniennes tirant sur la zone.

Dans une cave sombre, une vingtaine d’Azerbaïdjanais s’abritent. “On est là depuis 16 jours, tous les jours ils nous bombardent, malgré le cessez-le-feu. Hier et aujourd’hui, c’est sans arrêt”, raconte Akiif Aslamiv, 62 ans.

Une scène similaire à celles dont les journalistes de l’AFP ont été témoins les deux semaines précédentes du côté arménien du front, où les civils se terrent aussi dans les abris.

Depuis, Stepanakert, la capitale de la région séparatiste, on pouvait aussi entendre l’artillerie tirant sur le front sud.

Le Nagorny Karabakh, territoire majoritairement peuplé d’Arméniens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan, entraînant une guerre ayant fait 30.000 morts dans les années 1990. Les hostilités en cours sont les plus graves depuis 1994.

Après près de 30 ans d’impasse diplomatique, le président azerbaïdjanais Ilham Alïev a juré de reprendre le contrôle de la région.

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