Culture

Cette résonance qui manque tant

Espaces culturels

Après la fermeture d’un très grand nombre de salles de cinéma, sur les 500 que le pays possédait, voilà que celles qui sont restées ouvertes se sont transformées en espace de projection de films vidéo, avec un coin  de sandwicherie et de distribution de boissons. Une clochardisation qui aura duré longtemps.

Puis les pouvoirs publics se sont attelés à restaurer les plus solvables et leur réouverture a été une soupape insufflée à la culture, en révisant les conditions de leurs activités vouées au cinéma et aux spectacles. Un rebond qui a permis un retour très timide de la fréquentation du public, heureux de retrouver ses repères et ses valeurs en se cultivant un tant soit peu. Une reprise en main qui  a valu aux institutions d’exploiter ces lieux de loisirs et de détente, de mettre à la disposition des artistes un endroit pour s’exprimer, échanger, s’épanouir. La tutelle et les organismes qu’elle chapeaute ou pas, ont eu ce regain d’activités à travers festivals, rencontres, ateliers dans tous les domaines artistiques enfin revenus dans la cité.

D’autres salles ont ainsi dans cette optique, ouvert en grande pompe. A la faveur, notamment, des grands événements à l’image de celui qu’on vécu Tlemcen ou Constantine qui ont vu ces villes être les hôtes des cultures arabes et islamiques. Ces grandes métropoles ont donc eu des projets de construction d’espaces dignes de ces rencontres, qui une fois les lampions  éteints, sont restés hermétiquement clos. Plus aucune vie culturelle, plus d’activités, plus aucune exploitation des endroits destinés à une animation non stop. Si l’anctique Cirta a vu les premières années s’organiser le festival Djima jazz, le reste du temps reste sans écho. Idem pour Tlemcen, qui s’est tue dès que son événement a pris fin. Des visites en ces deux pôles censés rayonner de par leur passé culturel, du savoir et de la connaissance font montre d’une léthargie jamais égalée. Des investissements en pure perte, des bâtisses imposantes qui demeurent des coquilles vides.

Un vide qui résonne plus encore depuis que la pandémie a fait cesser les activités par mesure de prévention contre la propagation de la Covid-19. Mais le corona ne doit pas avoir bon dos. Il reste qu’à chaque règle il y a une exception. Et cette exception se trouve en l’Opéra d’Alger qui depuis son ouverture s’est fait le tremplin de nombreuses expressions artistiques et de haute facture. Une  présence aimée du public qui y trouve en ce bel et grand espace offert par la Chine à l’Algérie, en signe de solidarité entre les peuples et l’amitié qui lie les deux pays, son compte et un endroit où il peut se rendre en sécurité, se mouvoir à son aise et surtout prendre part à des spectacles en tout genre. Une belle activité qui ne se limite pas aux grandes occasions. Non l’Opéra Boualem Bessaih, lui, les crée. En témoigne d’ailleurs en ces temps de crise sanitaire son activité en virtuel pour ne pas laisser sa place vide et maintenir le contact avec son public.

D’ailleurs, dès l’allègement du confinement et la réouverture des lieux culturels, l’Opéra s’est attelé à reprendre ses master class en direction des fillettes désireuses de reprendre les cours de danse ou celles qui veulent en prendre. Un devoir que s’est assigné cette institution à la tête de laquelle il y a un maestro qui sait aussi mener la baguette pour conduire une institution culturelle de cette valeur pour lui rendre le reflet qui lui revient, en l’artiste Noureddine Saoudi. Un beau modèle que l’Opéra qui gagnerait à faire des émules quand l’on sait combien Ibn Khaldoun, El Mouggar, l’Atlas ou encore le théâtre de verdure Laadi Flici, ou même le Casif de Sidi Fredj ont vibré des nuits entières durant des mois, notamment lors des soirées de Ramadhan, la saison estivale. Des occasions que l’Etablissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger qui fête cette année ses vingt ans, a su de tout temps dépasser pour un programme non-stop toute l’année avec des thématiques pour chaque journée ou soirée en un grand brassage de la culture nationale dans toute ses expressions.

Un juste retour à cette vie culturelle partout en Algérie, voilà qui pourrait réconcilier l’algérien avec la culture locale et qui, par là même, offrirait à l’artiste une autre raison de créer.

Saliha Aouès                      

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