Autreédito

Chaima, le crime de trop

La violence, toujours la violence.

La société n’arrive pas ou plus à s’en départir comme si c’était une fatalité à vivre désormais, après l’avoir subie plus d’une décennie durant. Comme si cela ne suffisait pas d’avoir violenté, de s’être fait violenter et de s’être fait violence, à aujourd’hui, tant les séquelles demeurent encore et toujours. Vivaces et réelles. Chaïma, en est victime.

Une autre. Une autre de trop. Atrocement. On se croirait revenus à ces temps maudits où les filles, fillettes, femmes, vieilles étaient la cible privilégiée des terroristes. Qui assassinaient, violaient, enlevaient, séquestraient, égorgeaient, noyaient au fond de puits écolières, enseignantes, travailleuse, femmes de ménage, femmes tout court pour leur malheur d’être femme tout bonnement. Elle qui a payé le lourd tribut d’une violence qui remet ça, comme une récidive d’un acte qui bouleverse, émeut et outrage.  Surtout lorsque ce crime odieux est presque justifié, dans lequel la victime n’est plus victime et la famille éplorée, un manquement, une défaillance à ce qui aurait pu être évité ! Alors qu’aucun crime, assassinat, égorgement, ou toute autre forme de violence ne saurait trouver prétexte à un mobile presque excusé, argumenté ou même expliqué. L’alibi tout trouvé. Cousu sur mesure. Car, en fait, il n’y a et ne saurait y avoir d’explications, sinon, que les atrocités innommables, inimaginables, loin de refléter notre société sont à punir d’une façon exemplaire pour qu’il n’y ait jamais plus ça !  Une adolescente de 19 printemps.

Chaïma tuée en temps de paix, elle qui bourgeonnait de vitalité, toute en douceur et en sourire,  ravie à la vie, aux siens, enlevée, violée, mutilée, brûlée… Ignominie ! Abject ! Comme si l’assassin qui s’est acharné sur sa victime voulait exterminer à jamais cet être qui ne demandait qu’à s’épanouir, voué à un avenir des plus heureux dans un pays débarrassé au prix fort de l’obscurantisme qui semble renaître de ses cendres, se frayer un chemin, revenir encore plus décidé de continuer à traquer la femme, comme une malédiction, telle qu’elle a été briguée dans les années 90. Elle qui ne porte pas le voile, elle qui ne doit pas aller à l’école, elle qui prend la place de l’homme au travail, elle la dépravée, la plaie, la chose.

La nouvelle Constitution remet de l’ordre dans la baraque et redonne ses droits à la femme, protégée lit-on dans les textes de loi, par l’Etat là où elle se trouve, en lieu public, chez elle, en privé contre toute forme d’agression et de violence.

Justice et loi pour lui donner l’assurance d’être citoyenne à part entière. Et avec, ce rappel du chef de l’Etat de ses engagements dans ce document, au Conseil des ministres dimanche dernier, qui met les points sur le i, quant à la loi qui doit primer, appliquée et exécutée contre les enlèvements et les agressions. Punir les auteurs de ces kidnappings, la loi doit être appliquée avec  la plus grande sévérité, sans appel, comme le préconise le président de la République relayée lundi dernier par ceux qui ont la charge d’appliquer ces  lois en vigueur, surtout lorsque  le procureur donne des détails sordides de cet assassinat, que la maman de la jeune Chaïma, plongée dans la douleur de voir partir sa fille,  demande pourquoi, pourquoi, lui a-t-on arraché sa fille à son giron, le portrait de Chaïma dans ses bras.. Attendons pour voir…

Saliha Aouès                     

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