Economie

Etats-Unis : la Réserve fédérale inquiète le marché des obligations

La Banque centrale américaine a présenté un objectif politique visant à favoriser la hausse des prix au sein de l’économie. Cela est perçu comme un risque pour ceux qui investissent sur la dette des entreprises. Des taux d’intérêt bas et des prix élevés ne font pas bon ménage.

Le marché américain des obligations (dettes contractées via l’émission des titres) est inquiet après la dernière sortie de Jérome Powell (photo), président de la Réserve fédérale, l’institution qui fait office de Banque centrale aux Etats-Unis. Celui-ci a expliqué la nouvelle stratégie pour ce qui concerne les objectifs d’inflation. Il en ressort que la FED est désormais favorable à une hausse généralisée des prix au-delà du seuil actuel de 2%.

Une telle annonce implique d’importantes conséquences. Déjà, cela signifie que la Banque centrale américaine continuera de maintenir les taux qu’elle applique aux banques commerciales sous son contrôle à des niveaux proches du zéro. Or, le niveau des taux d’une Banque centrale comme celle des Etats-Unis est déterminant sur la rentabilité de ceux qui investissent sur les obligations.

Ce taux directeur est très souvent la rémunération de base des prêts accordés par les investisseurs aux emprunteurs. Toujours dans le même sens, ceux qui investissent sur des obligations considèrent logiquement que lorsque l’inflation dépasse les rendements des titres qu’ils ont acquis, cela constitue pour eux des pertes d’opportunité. C’est le cas notamment pour des fonds de pension qui promettent à leurs clients des rendements supérieurs à la hausse des prix.

La deuxième implication, c’est que la dette des entreprises risque de s’envoler. Profitant des taux bas, les sociétés pourraient emprunter davantage pour refinancer des dettes existantes.

Cela fait accroître un risque de surendettement qui est nocif si les choses reviennent à la normale. Notons par ailleurs que cette politique fait baisser la valeur du dollar, car pour l’objectif d’inflation ciblé, il faudra injecter beaucoup plus d’argent que l’économie n’en a réellement besoin.

Les arbitrages sont complexes pour la Banque centrale américaine. Ses responsables disent vouloir très rapidement réduire le chômage. Mais cela ne fera pas forcément l’affaire de ceux dont l’activité consiste à investir sur des produits financiers. Vu le caractère surévalué des sociétés cotées sur les bourses américaines, le refuge idéal pour les investisseurs est de nouveau l’or.

Pour les pays d’Afrique subsaharienne, cette évolution des choses est importante notamment pour ceux qui ont plusieurs dettes publiques et privées libellées en dollar.

La baisse de valeur du billet vert réduit aussi le coût du service de la dette, une chose importante en ces périodes perturbées. Cependant, cela fait aussi baisser les recettes d’exportations des pays, et avec les réserves de change essentielles pour les économies de la région.

R E

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer