Culture

Les supporters de football font le show

L’art de la rue :

Alger se pare, s’embellit et se réconcilie avec des jeunes pleins d’enthousiasme, décidés à l’orner de belles fresques murales superbement colorées.

La jeunesse décline, depuis des mois, un irrépressible penchant pour la peinture, exhume impétueusement un don que l’on croyait enfoui sous les décombres d’une morosité et d’une monotonie latentes.

L’espace public se voit réapproprié par ces jeunes avec une allégresse toute juvénile et un entrain qui ne se dément pas. Aux moyens de quelques pinceaux et de bidons de peinture, les artistes en herbe, comme surgis du néant, partent à l’assaut des murs de la ville, rendant des hommages aux sportifs, à des artistes de renom, à de grands militants de la lutte de libération nationale. Ces jeunes rivalisent d’inspiration pour peindre des portraits émouvants. Quelques exemples :

Au boulevard des Martyrs, trône Hacene Lalmas, une légende du sport-roi et du chabab de Belouizdad. A bab El Oued, Djamel Keddou, talentueux capitaine courage de l’USMA d’Alger où il a passé toute sa carrière de footballeur, est récompensé d’un beau portrait en guise de reconnaissance à sa fidélité sans faille au club de Soustara.

Djamel dit le «Sheriff» a décédé en 2011, à l’âge de 59 ans. Smail Khabatou n’a pas été oublié. Ex-sélectionneur, joueur et entraîneur du MCA avec lequel il a remporté un triplé historique en 1976 dont la première coupe d’Afrique des clubs champions.  

Au vieux Kouba, on peut admirer un portrait de Boualem Amirouche, l’ailier gauche de charme des années 1960-70, au dribble déroutant. Il aura fait le bonheur du RCK. Salah Assad a eu droit aux mêmes honneurs. Il n’y a pas que les anciennes gloires de la balle ronde qui font l’objet de tant d’égards.

On retrouve les portraits de supporters, acteurs, musiciens, martyrs de la lutte de libération… Ainsi, on rencontre les visages débonnaires de ceux qui nous ont quittés, à l’instar d’Amar Zahi, Mustapha Skandrani, Hadj M’Hamed El Anka, Hadj M’rizek, Ali La Pointe, Mohamed Belouizdad, Didouche Mourad, Abderrahmane Arbadji… C’est une mise en valeur d’un pan de notre patrimoine sportif, historique, culturel qui se remet au goût du jour avec une touchante affection, une part de notre mémoire nationale qui est revalorisée.

La chose n’est pas nouvelle. L’on se souvient que durant la lutte pour l’indépendance, des graffitis célèbres ont fait florès. On garde en tête et à jamais les fameux «un seul héros le peuple», «vive le FLN», «le FLN vaincra» et tous ces écriteaux rageurs qui stigmatisaient le colonialisme français comme «votez pour l’indépendance». On garde aussi en mémoire toute cette floraison de dessins magnifiques qui glorifiaient l’héroïsme du peuple algérien, avec des scènes de batailles, ces chaînes brisées, ces incitations à l’union du grand Maghreb… 

R C

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