INFO-AUTO

Monstre et compagnie

Audi RSQ8 :

Tous les SUV enfilent une tenue de sport. Audi n’échappe pas à la règle en intégrant le fabuleux V8 biturbo de la RS6 sous le capot de son gros Q8. mais Pour quoi faire ?

Si l’Audi RS6 est devenue, en une vingtaine d’années, une vraie légende de l’automobile sportive, pas sûr que ce RS Q8 entre dans les annales. En revanche, il figurera en bonne place dans le prochain diaporama de notre site Internet, consacré aux voitures des stars du ballon rond. Ou de ces adeptes de soi-disant sportives, qui en affichent pourtant toutes les caractéristiques opposées : lourdes, larges, hautes et nécessairement 4×4.

C’est donc avec un a priori négatif que je grimpe à bord de ce monstre de 5 m de long et 2 m de large, posé sur de gigantesques jantes de… 23” (en option 2 750 €). Des dimensions exceptionnelles qui m’obligent, pour la première fois depuis que nous sommes dans nos locaux de Boulogne-Billancourt, à passer la tête par la vitre afin de ne pas érafler les sublimes roues, largement chaussées de pneumatiques Hankook, en pénétrant dans le parking. Malgré son gabarit de char d’assaut, le RS Q8 se manie néanmoins aisément, une fois la largeur assimilée.

Au démarrage, le son rauque du V8 semble impatient de montrer ce qu’il a dans le ventre. Pourtant, à faible allure ou rythme normal, il fait preuve d’une docilité impressionnante, en égrénant les huit rapports de l’excellente transmission automatique dans un confort plus que correct. Même l’amortissement préserve parfaitement les vertèbres des pavés citadins. L’esprit familial est aussi bien présent, réservant une habitabilité gigantesque aux places arrière (82 cm en espaces aux jambes et 155 cm en largeur aux coudes) et un volume de coffre appréciable (605 litres).

Malgré les 2 315 kg à vide, le V8 4.0 de 600 ch et 800 Nm de couple fait preuve d’une remarquable santé et transforme en catapulte ce SUV “coupé” au dessin bien plus élégant que celui de ses rivaux signés BMW (X6) ou Mercedes (GLE Coupé). Des bons points qui font progressivement monter le RS Q8 dans mon estime. Capable de rugir jusqu’à 7 000 tr/mn, il dispense des performances ahurissantes pour un engin de ce type. Les différents modes de conduite (normal, RS et RS 2) influent sur les passages des rapports ou l’amortissement piloté, mais surtout, donnent un supplément de voix au V8 grâce aux clapets à l’échappement. Un pur bonheur qui continue d’influencer positivement mon jugement. Bref, ça pousse et ça chante. Reste à savoir

· Ce qu’il en est au volant.

Il faut avouer que l’appréhension devient plus pressante à mesure que le rythme s’accroît. Sur petites routes, les vitesses totalement inavouables étant très vite atteintes, la masse ne rassure pas à l’approche d’un virage serré ou d’une grande courbe. Car franchement, ce RS Q8 bombarde ! Quant au système de freinage, il subjugue. Surtout celui de notre modèle d’essai, équipé de l’option carbone-céramique (10 000 ou 10 500 €, en fonction de la couleur des étriers), à l’endurance inépuisable, mais au toucher peu agréable à basse vitesse et doublé d’un manque de mordant gênant. Autre bon point : ce RS Q8 ne prend pas de roulis, contrairement à ce que son imposante masse pourrait laisser supposer.Virant presque à plat, grâce à l’amortissement pneumatique (en série), il passe en courbe à des vitesses incroyablement élevées, bien aidé par le différentiel arrière Quattro Sport, lui permettant de s’extraire en ramenant la voiture vers la corde. Revers de la médaille à cette efficacité redoutable : on a parfois du mal à jauger les limites, lointaines, de la bête. Ajoutez à cela une direction trop légère manquant un peu de ressenti, et vous obtenez une voiture exceptionnelle d’efficacité, mais quelque peu avare en sensations, moteur excepté. Un défaut qui peut facilement être gommé en préférant une RS6 facturée 25 000 € moins chère, et plus légère de 165 kg sur la balance.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer