Culture

Histoire de la mosquée de Sidi Ali Dib

SKIKDA

Bien avant l’arrivée des Français, Cheikh Sidi Ali El Dib, taleb à Bordj Almem, possédait une petite école dans laquelle il enseignait le Coran à Skikda. A sa mort, il fut enterré dans son école coranique (zaouia). Cette zaouia se trouvait non loin des remparts qui seront construits lors de l’occupation française.

Elle était consacrée au culte musulman du rite Malékite, qui est celui le plus répandu en Algérie.

Quand plus tard, en 1838, les Français arrivèrent à Skikda, ces derniers ont installé une caserne qui se trouvait sur le chemin qu’empruntaient un certain nombre de fidèles pour se rendre à la zaouia. Les Français, craignant un espionnage, décidèrent de détruire la zaouia et construisirent une kouba (quba) pour y transporter le tombeau du Cheikh. Finalement, la kouba, à son tour, sera démolie pour construire à sa place une mosquée (1842 à 1846). Le tombeau du Cheikh Sidi Ali El Dib, sera placé dans une salle jouxtant la mosquée, qui portera le nom de Mosquée de Sidi Ali Dib. La mosquée sera livrée au culte le 18 octobre 1846.

En 1987, des travaux d’extensions sont entrepris grâce aux dons des fidèles et des autorités locales. Lors de ces travaux, on a déplacé le tombeau, mais on n’aurait trouvé aucun ossement.

Malheureusement, le minaret sera également concerné par ces modifications, et on peut regretter l’ancien minaret avec son sommet en corolle, et dont la forme élancée se détachait avec élégance dans le ciel de Skikda. C’est dommage qu’on n’ait pas reproduit fidèlement le minaret d’origine, car il donnait un cachet unique à la mosquée. C’était une image familière qui me rappelait mon enfance dans la Rue des Aurès (Rue des Frères Allouche), d’où on peut voir émerger le minaret au-dessus des toits.

L’histoire se passe au 18ème siècle, alors que la Tariqa Rahmania était à son apogée et qu’elle s’étendait jusqu’au Constantinois.

Originaire des montagnes de Kabylie, Sidi Ali Dib s’est nourri des fondements religieux de cette confrérie. Il s’installe à Skikda, sur le flanc ouest du Mont Mouadher (Bouabbaz), afin de s’adonner à la khalwa (retraite mystique), l’un des piliers de la Rahmania. Il se construit une petite habitation et y fonde par la même occasion la première école coranique dans cette ville.

Grace à son comportement irréprochable, sa droiture et son charisme, il devient très vite populaire et les habitants de la ville lui vouent désormais un immense respect. On dit d’ailleurs, que c’est se sont les skikdis qui l’ont surnommé Dib (loup). A ce propos, trois théories sont avancées. Selon la première, le nom lui a été donné parce qu’il aurait été élevé par une louve. La deuxième théorie est que ce nom lui ait été donné parce qu’il vivait seul comme un loup sur le flanc de montagne. Enfin, la troisième hypothèse serait qu’après sa mort, un loup venait toutes les nuits dormir à côté de sa tombe.

Ces trois théories révèlent d’abord toute l’attention que suscitait ce saint homme. De génération en génération, on se transmettra les hypothèses liées à son nom. Mais pour les hommes de religions, dans cette région, Dib serait simplement une déformation de « El Adib » (le lettré), dans la mesure où il représentait un homme pieux, mais aussi un authentique enseignant du Coran.

D’autres observateurs précisent, cependant, que le nom de Dib existe à Skikda et qu’il tire son origine du Berbère.

Celui qui deviendra le saint patron de la ville de Skikda meurt en 1828. En signe de reconnaissance, on l’enterre dans cette même école qu’il avait bâtie et sa tombe devient un mausolée visité par les habitants de la région.

Quelques années plus tard, alors que l’occupation française s’étend dans toute l’Algérie, Skikda voit débarquer 2000 soldats avec le général Négrier, le 10 avril 1838. Très vite, des travaux sont entrepris, des vestiges romains détruits et des remparts construits autour de la ville. Bâtie avec des pierres romaines, la muraille passe tout près du lieu où repose Sidi Ali Dib. Le lieu étant déclarée zone militaire, la sépulture du saint homme est alors déplacée vers le flanc est du mont Bouyala. Et pour éviter la colère des habitants de la ville, on propose de construire une mosquée, laquelle portera son nom. Le tombeau du Cheikh Sidi Ali El Dib, sera placé dans une salle jouxtant la mosquée.

Après l’indépendance de l’Algérie, en 1987, des travaux d’extensions sont entrepris grâce aux dons des fidèles et des autorités locales. Lors de ces travaux, on a déplacé le tombeau, mais on n’aurait trouvé aucun ossement. Ce qui fera naitre d’autres histoires invraisemblables autour du saint homme, tant son aura est restée intact dans la région.

Le 15 Septembre 2010, Algérie Poste émettra un timbre dédié à la mosquée de Sidi Ali Dib, comme un ultime hommage à cet homme pieux qui a dédié sa vie à l’islam.

R C

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